Site icon Eco-Bretons

« La Nature en hĂ©ritage Â» pour les 20 ans du Festival La Gacilly Photo

image_pdfimage_print

Jusqu’au 1er octobre 2023, La Gacilly (56) vous accueille pour une expérience photographique immersive et déambulatoire, dédiée aux grands enjeux environnementaux de nos sociétés. Une visite gratuite en plein air.

« En 2004, les premiers artistes photographes, pionniers talentueux, venaient offrir au public leur vision singulière sur une nature qu’ils voulaient magnifier, comme une ode Ă  respecter la fragilitĂ© de notre monde Â», Ă©crit Cyril Drouhet, Commissaire des expositions dans son Ă©ditorial 2023. « C’était hier, et nous n’avons toujours pas tirĂ© les leçons de ce passĂ© proche. Combien faudra-t-il de cris d’alarme scientifiques de plus en plus apocalyp-tiques pour que l’humanitĂ© comprenne qu’en Ă©radiquant la vie sur Terre, elle programme aussi son autodestruction ? « 

Ces quelques mots introductifs expriment l’esprit et la quĂŞte que se sont fixĂ©s les organisateurs de ce festival très engagĂ©, qui chaque annĂ©e met Ă  l’honneur des images puissantes sur l’état du monde et du vivant. Il s’agit de « faire prendre conscience, par la force de la photographie, de ce lien vital qui unit les Hommes Ă  leur terre. Pour continuer d’alerter sur les dangers qui nous guettent, pour rĂ©veiller nos consciences et garder intacte notre capacitĂ© d’émerveillement Â».  

Cette édition 2023 frappe une nouvelle fois par la beauté et la force des clichés exposés.

A commencer par la magnifique sĂ©rie de photos en noir et blanc « AmazĂ´nia Â» du cĂ©lèbre SebastiĂŁo Salgado (BrĂ©sil). Coup de coeur Ă©vident du festival. Il nous dĂ©voile un Ă©co-système avec qui l’humain fait corps. « Pendant six ans, il a sillonnĂ© cette rĂ©gion tropicale de son BrĂ©sil natal : la forĂŞt, les cours d’eau, les montagnes, les derniers peuples indigènes qui vivent en harmonie sur ce « Paradis sur Terre », selon les mots du photographe. Son vĹ“u le plus cher : « que d’ici Ă  cinquante ans, ces images ne ressemblent pas au registre d’un monde perdu ». Car ces milieux vĂ©gĂ©taux sont menacĂ©s ainsi que ces peuples de la forĂŞt.

© Sebastiao Sagaldo

© Sebastiao Sagaldo

Après cette immersion dans la plus grande forĂŞt primaire du monde, nous poursuivons notre pĂ©riple avec l’exposition « L’immortalitĂ© des arbres Â» de Beth Moon (Etats-unis), dĂ©diĂ©e aux plus anciens spĂ©cimens, mĂ©connus et isolĂ©s, qui vous Ă©tourdiront par leur majestĂ© et leur immensitĂ©. « C’est le travail de toute une existence, au fil des annĂ©es, elle a parcouru le monde Ă  la recherche de ces gĂ©ants de bois, des dragonniers de Socotra aux baobabs de Madagascar. Des ĂŞtres vĂ©nĂ©rables, derniers et frĂŞles tĂ©moins de l’immortalité« .

L’exploration nous mène ensuite Ă  la rencontre de sociĂ©tĂ©s matriarchales, sour l’objectif de Nadia Ferroukhi (France) et son exposition « Au nom de la mère Â». Elle s’est penchĂ©e, de l’Inde au Kenya, sur ces sociĂ©tĂ©s qui, en bouleversant l’ordre Ă©tabli, ont su dĂ©velopper un monde plus harmonieux. « Des sociĂ©tĂ©s oĂą certains pouvoirs clĂ©s, tels que la gestion des richesses, l’organisation des cĂ©rĂ©monies et les arbitrages importants qui concernent la famille ou le village… sont aux mains des femmes « . Parmi elles, une sociĂ©tĂ© bretonne « les ouessantines Â».

© Beth Moon

© Nadia Ferroukhi

La visite met Ă©galement en exergue les espèces animales en danger. Les Orangs-outans sous le regard d’Alain Schroeder (Belgique) sur l’île de Sumatra (IndonĂ©sie), menacĂ©s en raison de l’exploitation des champs de palmiers pour l’huile de palme et les mines de charbon Ă  ciel ouvert pour l’exportation en Chine. La forĂŞt tropicale se rĂ©duit, ils n’ont plus de nourriture. Les jaguars qui trouvent refuge dans la rĂ©serve naturelle du Pantanal au BrĂ©sil, leur dernier sanctuaire (Brent Stirton – Afrique du sud). Et encore, la faune marine illustrĂ©e dans l’exposition « Les voix de l’eau Â» de David Doubilet (Etats-Unis / France). Auteur de 12 livres et de plus de 70 articles dans le National Geographic, l’artiste a notamment participĂ© Ă  sensibiliser l’opinion publique sur plusieurs sujets comme la fragilisation de la banquise par l’accĂ©lĂ©ration du rĂ©chauffement climatique ou encore, la très controversĂ©e chasse aux dauphins de Taiji et Futo au Japon.

© Alain Schroeder

Dans un autre registre, vous serez saisis par ces clichĂ©s du monde moderne, nourri aux technologies sans limite. « C’est dĂ©jĂ  demain Â» de Luca Locatelli (Italie) dĂ©voile, dans ses essais photographiques, cette folie des Hommes qui idĂ©alisent la nature mais l’effacent au fil du temps.

Une destruction humaine Ă©galement dĂ©peinte sous le regard du photojournaliste Pascal MaĂ®tre (France) dans « Metropolis Â». Les mĂ©galopoles oĂą la population explose et oĂą l’urbanisation s’impose en tous lieux avec des dĂ©gâts irrĂ©versibles sur l’environnement et une paupĂ©risation galopante effrayante des habitants.

Ce tableau n’est pas exhaustif, étant le fruit d’une sélection. D’autres expositions vous attendent pour un voyage en images saississant.

A découvrir absolument !

Plus d’informations sur le site internet : https://www.festivalphoto-lagacilly.com/

Quitter la version mobile