Rencontres estivales autour de L’art dans les chapelles et du festival Paysages en Centre Bretagne

Directeur artistique de L’art dans les chapelles, Eric Suchère a dévoilé la programmation de la 34è édition du festival d’art contemporain qui se déroulera du 4 juillet au 31 août 2025, lors d’une réunion à la médiathèque de Pontivy le samedi 29 mars.

L’association de communes rurales qui gère en Morbihan la manifestation estivale, investit des chapelles du territoire en proposant au public la découverte d’une large diversité de pratiques et d’esthétiques.

Douze artistes ont entamé leur travail de création sous forme de carte blanche après avoir découvert la chapelle, le hameau, le cadre naturel, qui seront l’écrin de l’œuvre originale présentée tout l’été. Leur accueil sous forme de résidence, pour permettre la finalisation de l’installation et l’accrochage, est un rendez-vous très apprécié. Ces temps d’échange avec les habitants offrent l’opportunité d’associer des étudiants des écoles d’art de Bretagne.

La visite commentée des quatre circuits de L’art dans les chapelles s’organise chaque année en présence des artistes invités à l’occasion du lancement début juillet. De Cléguérec à Quistinic, communes situées dans la vallée du Blavet comme Pontivy, siège de l’association, cette déambulation sur trois jours imprime des moments d’exception dans la mémoire locale. Comme le festival, c’est gratuit et accessible à tout le monde. il suffit de consulter le programme.

Où ? Par exemple aux Bains douches à Pontivy ou au Point info touristique de St-Nicolas des Eaux et même dans un magasin à Vannes, nouveau partenaire du festival « Les fromages de nos terroirs » dont la maison-mère a été créée en 2010 face à la Biocoop de Pontivy.

Aux Bains douches, galerie d’art municipale, le public découvre dans un même lieu la tonalité donnée à la rencontre avec les œuvres présentées, jouant sur des effets de dialogue, de contrastes ou de réminiscence. On y trouve les documents, carte, catalogue, facilitant la création de son propre circuit de découverte. Il est aussi fréquent de découvrir le festival au détour d’une randonnée, par surprise. 

Que vous soyez ou non féru d’art, de patrimoine, de Bretagne, flâner dans les paysages de L’art dans les chapelles en suivant l’un des circuits balisés reste un plaisir à renouveler chaque été. Pour beaucoup d’habitants, c’est un rituel partagé en famille et avec les amis, parfois même avec des artistes programmés sur une précédente édition.

La réelle attractivité du festival, sa gratuité, font que l’on peut venir, revenir, à sa guise. Prendre son temps, apprécier l’instant selon la lumière naturelle du jour, c’est une invitation qui ne se refuse pas. Comme on déambule dans les paysages, on déambule aussi dans les chapelles, parfois dans l’œuvre elle-même.

Avant-goût

Lucy Kerr proposera une installation vidéo inédite à St-Adrien en St-Barthelemy.  L’artiste américaine est une des sept plasticiennes de cette 34è édition. Elle est très enthousiaste à l’idée d’exposer dans une chapelle.

Image de Family Portrait de Lucy Kerr

« Ce n’est pas une volonté en soi, explique Eric Suchère. Les femmes sont de plus en plus visibles et exposées, je n’ai nul besoin de les dénicher. Leurs approches spécifiques du geste, de leur questionnement de l’art, correspondent à la ligne éditoriale du festival que j’ai pour mission de traduire en rencontres dans des lieux qui ne sont pas des salles d’exposition ».

Installée à Lézardrieux en Côtes d’Armor, Gabrielle Herveet (https://gabrielle-herveet.fr/) sera accueillie à la chapelle du Château de Pontivy, emblème du patrimoine médiéval breton, où se déroule les 5 et 6 juillet un festival de renommée internationale, Paysages, à l’initiative de l’association TIMILIN.

La plasticienne bretonne pourra interagir avec les chercheurs, poètes, artistes, habitants présents sur ces rencontres, notamment l’archéologue allemand, Stefan Maeder, dont l’approche scientifique s’intéresse aux liens supposés entre les connaissances célestes et des traces trouvées sous forme de cupules creusées dans la roche à la Préhistoire. Un témoignage non accessible au grand public existe tout près de Pontivy.

Ces hypothèses croisent celles d’autres chercheurs et découvertes, notamment à Kaolack, cercle de pierre sénégalais classé à l’UNESCO auquel la NASA consacre un film documentaire qui sera diffusé au Château de Pontivy grâce au partenariat entre Timilin et Makeda Balkis Touré, agence de production culturelle à Dakar. 

Gabrielle Herveet vient de clore une résidence de création au Laboratoire de Mathématiques de Bretagne Atlantique à Brest. Elle intervient auprès de publics scolaires comme l’an dernier au lycée Le Mont-Châtelet du Varzy avec des jeunes en formation ferronnerie d’art. 

Côtoyer une de ses œuvres dans un magnifique édifice qui ouvre tout juste ses portes après travaux est une aubaine.

Comme Gabrielle Herveet, au sein d’Eco-Bretons nous sommes sensibles aux liens entre arts et sciences, nature et culture, espace et poésie.

En suivant le cours du Blavet, vous arrivez à Castennec sur les hauteurs de Saint-Nicolas des Eaux. La chapelle de la Trinité surplombe un méandre spectaculaire. Chaque chapelle bretonne est le témoin d’une histoire médiévale locale très riche. C’est encore plus vrai à Castennec et pour sa plus proche voisine construite à même le rocher qui lui sert d’abri naturel, Saint-Gildas.

Eco-Bretons vous recommande de parcourir le bois qui permet de rejoindre les deux sites. Il n’y a pas mieux pour ressentir ce que peuvent produire sur nous les jeux de lumière et de matière. Se connecter à la nature et à l’instant est aussi une façon d’appréhender la magie que cherche à capter un geste artistique pour le restituer dans une autre temporalité. 

Diane Benoît du Rey, artiste suisse diplômée de l’Ecole HEAR à Strasbourg, trouvera dans ce lieu très inspirant qu’est Castennec de quoi nourrir sa fascination pour la lumière. A quoi ressemblera l’installation ? Pour le moment le secret est bien gardé. 

 » A ce moment-là c’est comme si toutes les priorités autour passaient au second plan parce que la lumière vient juste révéler quelque chose, un espace. Je trouve ça beau. Il y a quelque chose d’un peu contemplatif dans le phénomène lumineux qui est fascinant … un espace-temps au ralenti » – Citation de Diane Benoit du Rey (extrait de la vidéo).

Diane Benoit du Rey : artiste plasticienne

Plus d’infos :

https://www.artchapelles.com/les_artistes_2025_/1053-0-0




Poétique des îles, entre Bretagne et Islande

Ayant exploré ensemble depuis des années, l’île bretonne de Carn puis l’île volcanique islandaise de Surtsey auxquels il et elle ont consacré deux ouvrages, le photographe Hervé Jézéquel et l’ethnographe Vanessa Doutreleau sont les invité.es de l’événement « Poésie des glaciers et des volcans », dans le cadre du Printemps des poètes, qui se déroule samedi 14 et dimanche 15 mars 2025, entre Locquirec, Morlaix et Plourin-lès-Morlaix.

Il est des mystères restant insondables – c’est là toute leur force d’attraction quant aux infinies possibilités d’interprétation – comme ces appels puissants qu’envoient certains lieux à certains vivants humains. Ainsi, cela fait déjà quelques années que les îles ont appelé Hervé Jézéquel et Vanessa Doutreleau pour les attirer jusqu’à elles. Deux îles en particulier.

Chronologiquement, il y eut d’abord l’île Carn, un îlot côtier finistérien situé sur la commune de Ploudalmézeau, dans le nord du Bas-Léon. Pour elle, Hervé Jézéquel fit appel à des contributions plurielles dont celle de Vanessa Doutreleau, croisements de regards mêlant des approches multiples de la réalité de l’île et des imaginaires à son endroit. Cela donna lieu à la publication d’un ouvrage, en 2002, par la maison stéphanoise Créaphis Editions (https://www.editions-creaphis.com/), qui se dédie aux livres de photographie, de cinéma et d’arts visuels, de sciences humaines et sociales, de littérature de non-fiction (poésie, essais, récits).

Près de deux décennies plus tard, c’est l’éphémère île volcanique islandaise de Surtsey qui devient l’héroïne d’un très beau livre que lui consacrent Hervé Jézéquel et Vanessa Doutreleau, toujours avec Créaphis Editions. Là encore, des regards et formes de témoignages multiples sur nos rapports aux vivants en constituent la substantifique moëlle, à la saveur si poétique.

C’est précisément dans le cadre de la deuxième édition de l’événement « Il fait un temps de poésie »(lien vers le programme complet en fin d’article), consacrée à « la poésie des glaciers et des volcans », que les deux auteurs sont les invités de trois des cinq lieux artistiques organisateurs, à Locquirec, Morlaix et Plourin-lès-Morlaix, samedi 14 et dimanche 15 mars prochains.

Y sont prévues trois rencontres et dédicaces : au Cercle des écrivains de Locquirec ; à la Tannerie, lieu animé par les artistes Ximena De Leon Lucero et Gérard Rouxel ; à la galerie Ísland gérée par Pascale Thomas, laquelle accueille également une première exposition photos de Hervé Jézéquel autour de son troisième livre consacré là aussi à l’Islande, « Materia Prima », avec les contributions écrites de la critique Françoise Paviot et de la géologue Violaine Sautter. Une seconde exposition photos de Hervé Jézéquel sur l’île Surtsey aura lieu à partir du 19 juin 2025.

Et parce qu’en certaines circonstances textuelles, nul n’est besoin de se substituer à des plumes si bien habitées par leur sujet, en l’occurrence celles des deux auteurs et de l’éditeur, nous vous invitons ci-après, à les lire, à propos de leurs deux ouvrages consacrés aux îles Carn et Surtsey.

Carn, ou toutes les possibilités d’une île

Territoire de rencontres et de limites, l’île Carn est un point sur la carte situé à l’extrémité du Finistère (Bretagne). Île déserte près de la côte déchiquetée du Léon, île ou plutôt îlot apparemment banal, car semblable à tant d’autres de cette zone, qui ne dispose ni de la réputation d’Ouessant, ni de l’activité maritime de Molène, ni d’un phare prestigieux comme l’île Vierge voisine. C’est surtout une île-désir, devenue le temps d’une enquête, un catalyseur d’approches multiples réelles ou imaginaires : rencontre en bordure du temps, Carn comme lieu et forme de l’île idéale, quasi mythique.

Résultat d’une authentique approche plurielle et originale, croisant les disciplines, les domaines de l’art (la photographie) et des sciences humaines (l’archéologie, la cartographie, l’histoire, l’ethnologie, la linguistique), ce livre, à l’initiative et sous la direction d’Hervé Jézéquel, réunit les contributions de Michel Colardelle, Pierre-Roland Giot, Patrick Prado, Per Pondaven, Pierre Arzel, Vanessa Doutreleau, Michel Le Goffic, Alphonse Arzel, Olivier Levasseur, Guy Prigent, Denis Lamy, Marie-France Noël, Martin de La Soudière, Pierre Gaudin, Clément Chéroux, Xavier Charonnat, Claude Colin, Philippe Bonnin et Patrick Bramoullé.

Le livre s’interroge sur ce qu’est un lieu, et donc tout lieu possible, à travers la diversité des traces physiques et humaines rencontrées. Les réponses sont autant matérielles que symboliques, scientifiques que littéraires ou esthétiques, objectives que subjectives, de l’ordre du réel que de celui de l’imaginaire. Les contributions dessinent, élément par élément, fragment par fragment, les contours de ce qui constitue le sentiment d’appartenance au temps et à l’espace : cartographie, toponymie, travaux des hommes, mythes, légendes, récits.
Sans a priori ni hiérarchie entre mots et images, entre le scientifique et l’artistique, L’île Carn est un point d’ancrage, mais également un point de départ pour penser et aborder les îles. Quatre thèmes principaux sont successivement abordés : la préhistoire, la cartographie, la récolte du goémon, l’ethnologie. Mais, en fait, l’esprit de la collection est de croiser et multiplier les approches de spécialistes différents pour obtenir une sorte de vue kaléidoscopique : le préhistorien côtoie le sociologue, le photographe, le « toponymiste », le botaniste des algues, le navigateur, le collecteur de mémoire, le cartographe, l’écologiste… Le livre est aussi un livre sur l’imaginaire, sur les mythes (du roi Karn-Midas), sur les rêves, sur les réflexions philosophiques de Kant sur l’eau, sur toutes les représentations engendrées par cet îlot.
Les illustrations, de belles cartes anciennes ou les photographies de goémons, de ciels, de roches, de vagues contribuent à évoquer l’imaginaire de lieux apparemment ordinaires et à travers l’évolution de l’îlot, à s’interroger sur le temps qui passe et, même au-delà, sur la recherche de soi-même. « L’île Carn« , sous la direction de Hervé Jézéquel – Creaphis Editions

Surtsey ou l’impossibilité d’une île

Surtsey est une île volcanique qui a surgi entre 1963 et 1967 à une trentaine de kilomètres de la côte sud de l’Islande. Classée au Patrimoine mondial de l’Unesco depuis 2008, libre de toute présence humaine car interdite à l’homme, c’est un laboratoire naturel et un lieu d’observation remarquables : la colonisation d’une terre par la vie végétale et animale. Une enquête passionnante sur cette histoire en train de se faire.

Depuis sa naissance, l’île Surtsey ne cesse de rétrécir, rongée par l’océan et les vents violents qui balaient ces régions de l’Atlantique nord. Sa superficie est passée de 2,65 km2 à 1,41 km2. Amenée à disparaître dans quelques décennies pour ne devenir qu’un îlot semblable au chapelet de rochers qui balisent l’archipel des îles Vestmann, Surtsey nous ramène à la fragilité des lieux et à leur perpétuelle évolution.

Les auteurs questionnent ainsi la forme d’une île et sa capacité à produire un imaginaire en relation avec un légendaire historique et littéraire en partie  » localiste  » (la Surtsey signifie « l’île de Surt », dieu de la mythologie nordique) d’une part, et un imaginaire scientifique et environnemental universel d’autre part. Le livre Surtsey, la forme d’une île joue donc sur ces deux tableaux (avec le double sens du terme  » création « ) et mêle autant les récits de l’île, réels et imaginaires, que les regards scientifiques et esthétiques d’un lieu interdit aux humains.
Au-delà de la dimension profondément poétique de l’île, il s’agit ainsi pour les auteurs de cerner la dimension humaine et sensible d’un lieu sanctuarisé, érigé en laboratoire de la création. L’histoire humaine de ce lieu n’a jamais été écrite ni même pensée, puisqu’il s’agit d’un lieu inhabité. Pourtant, une ethnographie de l’inhabité est possible du fait tant des usages scientifiques que profanes, que des représentations portées sur l’île par les Islandais, et notamment de ceux vivant sur l’île voisine d’Heimaey.
Plus encore, Surtsey interroge la notion d’appropriation d’une terre, aussi éphémère soit-elle, tant d’un point de vue physique que symbolique, et de sa mise en patrimoine. C’est aussi et surtout une relation au lieu dont il est question ici ; de l’île, objet de désir, de convoitises, de surprises, avec les hommes et femmes qui l’ont approchée, de près ou de loin, y compris les auteurs de ce livre. « Surtsey, la forme d’une île » par Vanessa Doutreleau (textes et documents), Hervé Jézéquel (photographies) – Creaphis Editions.

Vidéo : Vanessa Doutreleau et Hervé Jézéquel présentent leur projet en 2001.

Hervé Jézéquel et Vanessa Doutreleau, effectuent depuis plus de 20 ans de nombreux séjours en Islande, à l’issue desquels sont nés les expositions et ouvrages « Mémoires d’Islande » (2011) et donc, « Surtsey, la forme d’une île » (2020).

Les rendez-vous avec Vanessa Doutreleau et Hervé Jézéquel à Morlaix et alentours, dans le cadre de l’événement « Poésie des glaciers et des volcans – 14 et 15 mars 2025 :

  • Vendredi 14 mars 18h/20hLe Cercle des écrivains de Locquirec accueille Ísland  // Causerie suivie d’une dédicace du livre. Mémoires d’Islande Rencontre avec Hervé Jézéquel, photographe, et Vanessa Doutreleau, ethnographe, dont l’ouvrage dresse le portrait d’objets récupérés des goélettes bretonnes ou normandes naufragées lors de la pêche « à Islande ». Leur présence dans les paysages, maisons ou musées islandais témoigne des liens tissés entre les deux peuples au siècle dernier. Salle Ti ar Vark, rue du Varq, Locquirec. Gratuit. Renseignements 0759661151 galerie.island@protonmail.com

  • Samedi 15 mars 16h/18hCauserie suivie d’une dédicace du livre Materia Prima. L’Islande est « née de la connivence des glaciers et des volcans », comme l’écrit joliment Violaine Sautter, et le regard du photographe Hervé Jézéquel rend lisible cette double matrice, dont l’Edda (récits de la mythologie nordique) donnait déjà la mesure au XIIIe siècle. A partir de 15hOuverture de l’exposition d’Hervé Jézéquel, Materia Prima, en lien avec son 3e ouvrage consacré à l’Islande. Tirages originaux issus de ce projet, exposés jusqu’au 1er juin 2025.  À partir du 19 juin, exposition photos de Surtsey, la forme d’une île en lien avec le livre du même nom. Ísland, 67 rue du Mur, MorlaixGratuit. Inscription recommandée (galerie.island@protonmail.com). Renseignements 0759661151.

  • Dimanche 16 mars 15h/17h – La Tannerie accueille Ísland – Causerie suivie d’une dédicace du livre Surtsey, la forme d’une île. Surgie de l’océan en 1963 au large de l’Islande, Surtsey est une petite île volcanique protégée. Elle devrait disparaître d’ici quelques décennies, la lave s’érodant sous les assauts des tempêtes et de l’océan. Le photographe Hervé Jézéquel et l’ethnographe Vanessa Doutreleau ont accompagné des chercheurs islandais pour dresser un portrait scientifique et poétique de ce territoire éphémère. La Tannerie, 10 rue de la Tannerie, Plourin-lès-Morlaix. Gratuit. Renseignements 0759661151 / galerie.island@protonmail.com

Programme complet de l’événement « Poésie des glaciers et des volcans » des 14, 15, 16 et 22 mars 2025 : https://galerieisland.com/pages/poesie-des-glaciers-et-des-volcans-14-15-16-et-22-mars-2025

Montage photos : crédits des images ©Hervé Jézéquel et ©Créaphis Editions.




Estimer le potentiel énergétique d’un logement avant de l’acquérir

Savoir estimer le potentiel énergétique d’un logement est un atout précieux pour qui souhaite acheter un bien immobilier. Cela permet notamment d’avoir une idée des factures d’énergie attendues ou encore des travaux qu’il faudra réaliser pour obtenir un confort thermique satisfaisant.

Parmi les diagnostics techniques obligatoirement remis lors de la vente, le Diagnostic de Performance Energétique (DPE) offre de précieuses informations sur la consommation énergétique et les émissions de CO2 moyennes du logement, mais également – lorsque cela est possible – sur d’autres composantes techniques, comme la nature des matériaux ou encore l’épaisseur des isolants. Il dresse également une liste de préconisations pour améliorer l’efficacité thermique du bâtiment : travaux d’isolation, remplacement du système de chauffage etc. En parallèle, depuis le 1er janvier 2025, les logements classés E, F, ou G sont soumis en plus du DPE à un audit énergétique réalisé par un professionnel qualifié.

Lors d’une visite, il est aussi possible d’estimer le potentiel énergétique d’un logement en portant une attention particulière sur les aspects suivants :

  • L’exposition du logement : une maison dont les pièces de vie sont exposées plein sud sera beaucoup plus chaleureuse qu’une maison exposée au nord ou à l’est. Attention néanmoins à la surchauffe !
  • La nature et la qualité des matériaux et des isolants : certains matériaux sont bien plus écologiques, performants et durables que d’autres. Côté isolation, il convient de vérifier la nature, l’épaisseur et la bonne mise en œuvre des isolants en toiture, sur les murs et éventuellement au niveau du plancher bas. En ce qui concerne les menuiseries, il faut vérifier les matériaux, le vitrage, le niveau d’isolation thermique ou encore la quantité d’apports solaires.
  • Le chauffage et l’eau chaude sanitaire : électricité, gaz naturel, gaz propane, fioul, bois buche ou granulé, plusieurs énergies permettent d’assurer le chauffage ou la production d’eau chaude sanitaire, et leur impact sur l’environnement de même que leurs couts peuvent être très variables. Il convient donc de s’intéresser à l’énergie utilisée, au type de générateur et d’émetteur, au stockage ou encore à l’accès à l’énergie. Existe-t-il par ailleurs une régulation de ces appareils ?
  • Ventilation : l’air est-il sain ou bien chargé d’humidité ? Existe-t-il une VMC ?

Tous ces paramètres ont leur importance, pour acheter un bien immobilier en pleine conscience. Des professionnels peuvent aider à la prise de décision grâce à des conseils entièrement neutres et gratuit, dans le cadre du dispositif public France rénov : https://france-renov.gouv.fr/

L’agence locale de l’énergie et du climat du Pays de Morlaix HEOL œuvre pour la transition énergétique et la lutte contre le changement climatique. Elle offre notamment des conseils neutres et gratuits sur la rénovation thermique, les énergies renouvelables et les économies d’énergie. Plus d’infos sur 02 98 15 18 08 et www.heol-energies.org
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A Morlaix, entre Argentine et Viêtnam, deux soirées au chevet du vivant menacé

Dans le cadre du Festival des Solidarités du Pays de Morlaix, qui programme depuis novembre 2024 des temps forts consacrés aux droits environnementaux des peuples, deux soirées sont proposées en clôture durant ce mois de mars 2025, autour des dégâts causés aux vivants depuis des décennies par la face très sombre de l’industrie chimique et ses entrelacs militaires et civils. Un premier volet de ce diptyque « Nos droits environnementaux/Nos corps empoisonnés », se décline avec un ciné-rencontre « Le grain et l’ivraie », le 18 mars à La Salamandre/SEW, puis avec un spectacle de Marine Bachelot Nguyen. « Nos corps empoisonnés », au Théâtre de Morlaix le 1er avril. Deux événements qui sont le fruit d’un partenariat avec Le cinéma La Salamandre/SEW, le Théâtre du Pays de Morlaix, le Lycée Agricole de Suscinio – avec son projet DRAC/KARTA Région Bretagne/Théâtre autour de l’engagement en matière d’écologie – et Eco-Bretons.

La première soirée à laquelle participeront des élèves du lycée en bac Sciences et technologies de l’agronomie et du vivant/STAV ainsi que des étudiant.es en BTS gestion et protection de la nature/GPN, nous donne à voir, avec le film de Fernando Solanas « Le grain et l’ivraie », les conséquences néfastes sur les plans sociaux et environnementaux du modèle agro-industriel argentin. En plus de le dénoncer, le réalisateur nous montre qu’un autre modèle, inspiré de pratiques séculaires en harmonie avec le vivant, est possible.

Après la projection, une discussion nourrie sera animée par Eco-Bretons, avec :

  • Veronica Gomes Tomas*, juriste spécialiste en droit international de l’environnement qui allie engagement associatif et expertise juridique en France et en Argentine ;
  • Marine Bachelot-Nguyen, metteuse en scène franco-viêtnamienne de la pièce « Nos corps empoisonnés », retraçant l’histoire exemplaire de la journaliste Tran To Nga** et de son combat depuis les années 1960 auprès des victimes de l’agent orange ;
  • Rachida Collet, professeure en agronomie/biologie/écologie au lycée agricole de Suscinio qui enseigne notamment l’agro-écologie.

En interaction avec le public, ces échanges permettront de mettre en lumière une continuité dans l’utilisation de molécules chimiques de synthèse fabriquées pour tuer le vivant, que ce soit en temps de guerre, comme ce fut le cas de « l’agent orange », herbicide épandu massivement sur les sols et les populations durant la guerre du Viêtnam, entre 1962 et 1971, comme en temps de paix où la guerre aux vivants se poursuit, en Argentine comme partout ailleurs dans le monde où le « business as usual » de l’industrie agrochimique mondialisée prend le dessus sur nos intérêts communs vitaux.

« Le grain et l’ivraie » : une autre vision de l’Argentine

« Pour ces maudits haricots ( le soja), l’Argentine s’est vendue, a dépeuplé son territoire, a détruit son écosystème et a ruiné sa biodiversité »

Jorge Rulli, expert en eco-agriculture

Le documentaire « Le Grain et l’ivraie » produit et réalisé en 2017 par Fernando Solanas nous montre une autre vision de l’Argentine. Culture de soja expansive, agriculture transgénique, épandages et fumigations abondants d’agro-toxiques sur les cultures… voilà aujourd’hui le modèle de l’agro-industrie du pays. Ce modèle, bien que très productif et économique pour les grandes industries et multinationales a provoqué de nombreux effets néfastes aussi bien sur l’environnement que les populations locales. En effet, l’implantation toujours plus grande de soja transgénique a entrainé, en plus d’une déforestation massive, l’expulsion des populations aborigènes de leurs propres terres ancestrales ainsi que la destruction de leurs ressources alimentaires vitales, ce qui est contraire à la loi internationale de protection de la forêt primaire. De plus, l’épandage et les fumigations d’agro-toxiques à proximité des lieux de vie ont provoqué, en plus d’un exode rural, la multiplication de maladies respiratoires ainsi que de cancers et de malformations.

Des témoignages poignants mais aussi… des alternatives qui existent et peuvent s’appliquer

Avec une atmosphère parfois sombre, «le Grain et l’Ivraie » met en lumière les témoignages authentiques et poignants des populations locales intoxiquées, des agriculteurs ruinés par l’achat d’intrants
chimiques provenant de l’agro-industrie ainsi que des chercheurs universitaires ayant prouvé le lien entre l’utilisation de produits chimiques dans l’agriculture et le taux de maladies élevé.
Une note d’espoir vient montrer qu’une autre agriculture, écologique est possible et qu’il est possible de produire de manière saine des aliments sans pesticides pour régénérer la biodiversité perdues sans pour autant détruire des forêts primaires.

(Reprise d’un article déjà publié : https://www.eco-bretons.info/documentaire-le-grain-et-livraie-ou-voyages-chez-les-populations-intoxiquees-par-lagro-industrie-mondiale/)

La bande annonce:

Nos corps empoisonnés : L’histoire vraie d’une héroïne des temps modernes

« Nos corps empoisonnés retrace l’histoire de Tran To Nga, viêtnamienne engagée toute sa vie dans de multiples combats et plus particulièrement dénonçant les ravages de l’agent orange, un poison pour les organismes vivants, humains et pour la terre.

Jeune résistante dans le maquis pendant la guerre du Viêtnam, Tran To Nga est exposée comme des milliers d’autres civils aux épandages de l’agent orange commandé par l’Armée et le gouvernement américain aux firmes multinationales de la chimie. Depuis la France, elle poursuit aujourd’hui sa lutte en assignant devant les tribunaux une quinzaine de sociétés agro-chimiques responsables de la production de ce produit qui contamine la terre et les corps sur plusieurs générations. Son existence et ses combats s’inscrivent dans les pages de l’Histoire contemporaine, dans leur dimension politique, économique, humaine et écologique. Un crime contre le vivant, qui entre en résonance avec d’autres entreprises de dévastation passées et en cours.

Incarné et porté admirablement par la jeune comédienne Angélica-Kiyomi Tisseyre Sékiné, ce récit théâtral entrelace texte et images d’archives se tissant avec la vie de cette femme hors normes. Il raconte la vitalité de corps blessés et contaminés par les tragédies de l’Histoire, toujours en lutte et en résilience.

  • Débat- table ronde au lycée de Suscinio, mardi 18 mars à 18h avec la metteure en scène Marine Bachelot Nguyen, en partenariat avec Festisol. »

Source : https://www.theatre-du-pays-de-morlaix.fr/Nos-corps-empoisonnes.html

* https://www.eco-bretons.info/portrait-de-femme-n19-veronica-gomez-tomas-juriste-en-droit-international-de-lenvironnement/

**L’appel de Tran To Nga contre l’Agent Orange (France Inter) : https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/c-est-bientot-demain/c-est-bientot-demain-du-dimanche-19-mai-2024-7524829




Projet Sainbiote : La prescription nature comme nouveau médicament

Rencontre avec Aurélien Fridman, chargé de projet environnement au sein de l’ulamir-CPIE Morlaix Trégor.

Sainbiote comme Santé Interaction Biodiversité Territoire. Ce projet ambitieux a pour objectif de rassembler divers professionnels de santé (psychologue, sage-femme, médecin, maison de santé, centres sociaux…) pour appréhender et accompagner les individus dans une démarche de bien-être par le contact de la nature.

« Comme on peut prescrire des médicaments lorsque que l’on souffre de maladie mentale par exemple, on pourrait prescrire le fait d’aller prendre l’air 20 min par jour durant 2 semaines »

En phase d’expérimentation, ce projet de trois ans entame sa deuxième année. L’heure est à la création de partenariat avec le personnel de santé.

« Il faut casser les frontières […] créer des relations entre le monde de la santé et le monde de l’environnement »

Aux Etats-Unis, des études étrangères, comme « Prescri-Nature » ont déjà démontré le lien fondé entre nature et bien-être . Au Québec (https://www.prescri-nature.ca/) un programme mis en place par la BC Parks Foundation a été créé, accompagnant les personnels de santé dans la délivrance d’ordonnance nature. Basée sur des données chiffrées, les études démontrent un ratio positif entre bien-être mental et physique lors d’excursions nature, même de courtes durées.

En France, ce projet est soutenu par IRESP (Institut pour la recherche en santé publique). Et mis en place par l’association Alliance Santé Planétaire, appuyé par différents médecins français comme le Dr Blandine Mellouet Fort (Rhône-Alpe-Auvergne) ou bien encore Dr Juliette Zimmerman (Haut-de-France) ainsi que le Docteur Eva Kozub Decotte (Occitanie), et également porté par L’union Régionale des CPIE (Centre Permanent d’Initiative à l’Environnement).

Sur notre territoire, trois CPIE sont moteurs dans l’expérimentation : CPIE de Brocéliande, CPIE de Belle-ïle-en-Mer et le CPIE Morlaix-Tégor. Le tout sous la houlette de l’Agence Régionale de Santé, du PRESE Bretagne (Plan Régional Santé), de la Région et de l’Europe.

Au-delà de la recherche partenariale, ce projet souhaite mettre en avant les aspects de sensibilisation grand public comme nous l’explique Aurélien Fridman, chargé de mission du projet au sein du CPIE Morlaix Trégor : « Le but est de créer un catalogue où les personnes pourraient se renseigner pour avoir une prescription nature. Aussi, pour nous les CPIE […] c’est travailler ensemble avec les personnels de santé et de s’auto-former également à la santé, pour apporter une nouvelle dimension et de nouveaux outils à nos actions de sensibilisation… ».

Alors, personnels se sentant concernés par le sujet, n’hésitez pas à contacter le CPIE Morlaix Trégor pour plus d’informations.

Propos recueillis par Sophie Sanchez-Panchout

Je remercie Aurélien Fridman pour le temps accordé à cet entretien.

Contact :

ULAMIR-CPIE MORLAIX TREGOR

02 98 67 51 54

Aurélien Fridman

Aurelien.fridman@ulamir-cpie.bzh


Pour aller plus loin :

A historical and critical analysis of park prescriptions

https://www.tandfonline.com/doi/pdf/10.1080/00222216.2019.1617647

La prescription nature , Blandine Mellouet Fort :

La prescription de nature : motivations et freins à la pratique par les médecins généralistes des Hauts-de-France, Université de Lille

https://pepite.univ-lille.fr/ori-oai-search/notice/view/univ-lille-41793?lightbox=true

La nature comme boussole, Pratique, entretien de Julie Zimmerman

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Le Plan-Climat-Air-Energie-Territorial, un outil au service des collectivités

Obligatoire pour toutes les intercommunalités de plus de 20 000 habitants, le Plan-Climat-Air-Energie-Territorial (PCAET) est un outil de planification, qui permet aux collectivités d’aborder l’ensemble de la problématique climat, air et énergie sur leur territoire.

Il définit des objectifs stratégiques et opérationnels pour atténuer le changement climatique et s’y adapter. Il liste des actions pour réduire les émissions de gaz à effet de serre et la dépendance énergétique du territoire, via la réduction des consommations d’énergie et le développement des énergies renouvelables. Il intègre aussi un volet adaptation au changement climatique sur les court, moyen et long termes. Il est rédigé en cohérence avec les engagements internationaux de la France, qui sont notamment de réduire de 20 % la consommation d’énergie finale*, de 40 % la consommation d’énergie fossile* et de porter à 1/3 la part d’énergies renouvelables dans le mix énergétique d’ici à 2030, ou encore d’atteindre la neutralité carbone en 2050.

Le PCAET est à la fois un projet de territoire et un outil d’animation de ce projet. La collectivité intervient dans le cadre de ses responsabilités directes et compétences réglementaires (urbanisme, transport, bâtiments publics…) mais aussi en tant qu’animatrice auprès de tous les publics de son territoire. Pour une cohérence d’actions, tous les acteurs doivent y être impliqués  : décideurs, services des collectivités territoriales, acteurs socio-économiques, associations, entreprises, universités, habitants…

Le PCAET comporte généralement :

– un état des lieux de la situation énergétique du territoire : consommations énergétiques et émissions de gaz à effet de serre par secteur, spécificités du territoire, potentiel de développement des énergies renouvelables, qualité de l’air… ;

– une stratégie territoriale, qui s’appuie sur cet état des lieux pour établir des priorités et objectifs ;

– un plan d’actions qui concrétise les orientations définies par la stratégie territoriale et propose des objectifs quantifiés dans le temps ;

– des indicateurs de suivi et d’évaluation à l’échelle du territoire.

Si le changement climatique est global, le PCAET permet de définir et coordonner des actions au niveau local. Il est aussi possible d’y intégrer des actions inter-régionales et/ou de coopération décentralisée.

A noter que si la notion d’obligation ne s’applique qu’aux collectivités de plus de 20 000 habitants, les plus petites collectivités peuvent tout de même s’en emparer de manière volontaire.

* Par rapport à l’année de référence 2012.

L’agence locale de l’énergie et du climat du Pays de Morlaix HEOL œuvre pour la transition énergétique et la lutte contre le changement climatique. Elle offre notamment des conseils neutres et gratuits sur la rénovation thermique, les énergies renouvelables et les économies d’énergie. Plus d’infos sur 02 98 15 18 08 et www.heol-energies.org .