Une « météo » des nappes phréatiques par la Région Bretagne et le BRGM

Lors du Carrefour des Gestions locales de l’eau qui s’est déroulé à Rennes les 22 et 23 janvier, la Région Bretagne et le BRGM (Bureau de Recherches Géologiques et Minières) ont lancé conjointement un outil de prévision et de partage des connaissances ouvert à tous, et baptisé MétéEAU Nappes. Il permet, outre le suivi en temps réel des niveaux d’eaux, de réaliser des prévisions à 6 mois en suivant différents scénarios météo.

Tout le monde a encore en mémoire la sécheresse de l’été 2022, durant laquelle des mesures de restriction renforcées ont été prises. Il a fallu aussi puiser dans les réserves pour éviter les coupures d’eau générales. Une situation qui se reproduira à l’avenir, en raison du réchauffement climatique.

Lorsque les niveaux des cours d’eau sont bas, les nappes souterraines, qui représentent plus de quart de la ressource consommée pour l’alimentation en eau potable, participent au soutien des débits des rivières. Afin d’améliorer l’anticipation et le suivi de ces nappes d’eau souterraines, la Région Bretagne s’est associée au BRGM (Bureau de Recherches Géologiques et Minières) pour déployer l’outil « MétéEAU Nappes ».

Le BRGM, service géologique national, est un « établissement public de référence dans le domaine des géosciences », explique Pauline Drzewiecki, directrice du BRGM Bretagne. Dans la région, l’établissement gère 52 ouvrages piézométriques (qui mesurent le niveau d’une nappe en un point donné), répartis sur l’ensemble du territoire. Les nappes sont ainsi suivies en continu et en temps réel.

L’outil MétéEAU Nappes permet, outre un suivi en temps réel, de réaliser des prévisions saisonnières sur la base de différents scénarios météorologiques, jusqu’à 6 mois. « Il va être déployé sur 25 points d’eau en Bretagne », précise Pauline Drzewiecki. « Nous avons besoin de nous doter d’outils pour pouvoir anticiper de façon plus précise la situation des eaux souterraines », déclare Delphine Alexandre, vice-présidente de la Région Bretagne, collectivité qui participe financièrement au projet, à hauteur de 80% (sur un total de 270 000 euros).

Le projet MétéEAU Nappes a démarré « il y a une dizaine d’années », explique Bruno Mougin, hydrogéologue au BRGM. La nouveauté ici, pour la Région Bretagne, est la capacité à faire des prédictions jusqu’à 6 mois dans le futur. Concernant les fonctionnalités, l’outil, sous forme de plateforme, comprend une partie cartographie et une partie graphique. « Celle-ci permettra de visualiser la pluviométrie, le niveau des nappes phréatiques et le débit des rivières », précise l’hydrogéologue. Il y aura aussi la possibilité d’afficher un seuil, et ainsi d’anticiper le dépassement ou la non-franchissement de celui-ci.

De quoi pouvoir mieux anticiper les niveaux d’eaux selon divers scénarios météo à 6 mois, et prendre plus rapidement des restrictions d’usage au niveau local, en cas de séchereresse. De même lors de précipitations intenses et de risques d’inondation par remontée de nappe.

Pour en savoir plus : https://www.brgm.fr/fr/site-web/meteeau-nappes


Consultation sur l’eau : Toutes et tous concerné.e.s !

Il est toujours temps de participer à la consultation sur l’eau menée par le Comité de Bassin Loire-Bretagne et l’Etat, qui se déroule jusqu’au 25 mai. Pour cela, direction le site : https://eauloirebretagne.limesurvey.net/ConsultationDuPublic2425




Au lycée agricole de Suscinio à Morlaix, les étudiants se forment à l’eau

Au lycée agricole de Suscinio, les étudiant.e.s de BTS Gestion et protection de la nature/GPN ont participé à une journée-forum autour de l’eau, dans le cadre d’un projet baptisé « Suscini’eau ». Objectif : parfaire les connaissances sur les enjeux liés à l’eau et outiller ces futur.es ambassadeurs et ambassadrices de la préservation de l’environnement qui pourront ainsi proposer des animations à destination des scolaires du territoire.

Les images des dernières grandes inondations de 2018 ne laissent pas indifférent.e.s les étudiant.e.s, qui ont parfois du mal à reconnaître les rues de Morlaix sous les eaux. En effet, ce dimanche-là 3 juin, c’est un véritable déluge, consécutif à un orage stationnaire, qui s’est abattu sur la ville. Ce n’était pourtant pas une première pour Morlaix, qui a aussi vécu en 1974 les plus grandes inondations de son histoire. Ce jour de février, les rivières de Morlaix, le Queffleuth et le Jarlot, ont débordé ensemble. La hauteur d’eau a atteint pas moins de 2 mètres sur la Place des Otages ! Des situations que Lucile Bozec, chargée de mission risques littoraux et fluviaux chez An Dour, la régie publique de l’eau de Morlaix Communauté, a rappelé et/ou fait découvrir aux étudiant.e.s de BTS GPN du Lycée Agricole de Suscinio, dans un atelier dédié aux risques littoraux et aux ruissellements des bassins versants. « En 50 ans, on a réfléchi à des solutions, comme par exemple à l’arrêt de l’artificialisation des sols, à la continuité écologique des cours d’eau… L’idée de barrage a été abandonnée. On travaille aussi avec les agriculteurs pour la plantation de talus à des endroits stratégiques pour limiter le ruissellement », explique-t-elle, autour d’une maquette représentant le bassin versant de Morlaix et ses alentours. « Il y a aussi la mise en place d’un PAPI, Plan d’Actions de Prévention des Inondations, qui permet de gérer les risques de manière assez structurée ».

Cet atelier se déroule dans le cadre d’une journée dédiée à l’eau pour les étudiant.e.e, qui fait partie d’un projet plus global baptisé « Suscini’eau ». Objectif : accompagner les apprenant.e.s de BTS GPN et leurs enseignant.e.s dans leur « compréhension et leur appropriation des enjeux locaux et planétaires liés à l’eau », explique Véronique Javoise, enseignante au lycée.

Durant cette journée-forum, les étudiant.e.s ont pu ainsi rencontrer des acteurs locaux travaillant sur cette thématique, comme le Sage Léon-Trégor, l’Ulamir-CPIE, An Dour (trame verte et bleue, zones Natura 2000), Morlaix Communauté, Eau et Rivières de Bretagne (Atlas socio-culturels de l’eau)… et découvrir des techniques et outils d’animations comme le jeu « Ça coule de source » autour des pratiques agricoles vertueuses pour l’environnement avec Jérôme Le Borgne, la fresque Océane avec Véronica Gomez, le jeu Gaspid’o, les maquettes inondations…

Par la suite, les élèves pourront alors proposer des animations sur le thème de l’eau auprès des scolaires, ce qui « va leur permettre de mettre en application les connaissances acquises ». Ils et elles vont également participer à la restauration de haies pour préserver la qualité de la ressource. Le 11 mars et le 1er avril, les étudiant.es iront dans des écoles du territoire proposer leurs animations, et les 20 et 22 mai, ce sont les scolaires qui viendront sur le site de Traon Nevez, en baie de Morlaix, participer aux animations proposées par les BTS GPN, toujours dans le cadre du projet « Suscini’eau » coordonné par l’Ulamir-CPIE Morlaix-Trégor, et rendu possible par le financement de l’Agence de l’Eau Loire-Bretagne de la DRAAF (Direction Régionale de l’Agriculture de l’Alimentation et des Forêts) Bretagne, et de Morlaix Communauté (pour les animations).


Consultation sur l’eau, toutes et tous concerné.e.s !

Il est toujours temps de participer à la consultation sur l’eau menée par le Comité de Bassin Loire-Bretagne et l’Etat, qui se déroule jusqu’au 25 mai. Pour cela, direction le site : https://eauloirebretagne.limesurvey.net/ConsultationDuPublic2425




Consultation sur l’eau : et si vous donniez votre avis ?

Jusqu’au 25 mai, le public est invité à participer à la nouvelle Consultation sur l’Eau. Objectif : « savoir si le public approuve les actions et moyens mis en œuvre pour améliorer l’état des eaux du bassin Loire-Bretagne ».

Ca se passe quand ?

 Du 25 novembre 2024 au 25 mai 2025

C’est quoi ?

Dans chaque bassin (ici en Bretagne nous sommes dans le bassin Loire-Bretagne), la population et les organismes sont consultés et invités à donner leur avis sur la gestion de l’eau. Cela se passe régulièrement (il y avait déjà eu une consultation en 2021 par exemple) aux différentes étapes d’élaboration des politiques qui définissent la gestion de l’eau (SDAGE), et une telle opération dure six mois.

Pour quoi faire ?

L’objectif, avec une consultation, est d’associer les citoyens aux décisions concernant la gestion de l’eau sur le bassin versant, et qu’ils puissent donner leur avis sur les grands problèmes à résoudre pour retrouver une qualité de l’eau qui soit optimale. Depuis 2005, et conformément à la loi européenne, les citoyens sont consultés lors de l’élaboration des SDAGE. Un SDAGE est un Schéma Directeur d’Aménagement et de Gestion des Eaux. Concrètement, c’est un plan d’action pour la reconquête de la qualité des eaux à l’échelle d’un bassin hydrographique. (ici, Loire-Bretagne). Un SDAGE. définit pour une durée de six ans des objectifs et des moyens afin d’améliorer la qualité de tous les types d’eaux : rivières, nappes souterraines, lacs, mais aussi les eaux littorales. Au bout de six ans, on évalue les résultats, et on réfléchit au prochain SDAGE..

Sur quoi porte la consultation actuelle

La consultation porte sur 8 enjeux identifiés (questions importantes) auxquels il faut répondre pour les années 2028 à 2033, dans :

• Le plan de gestion des eaux (ou schéma directeur d’aménagement et de gestion des eaux – Sdage),

• Le plan de gestion des risques d’inondation (PGRI).

Ces enjeux sont :

  • Le climat : La politique de l’eau à la hauteur des enjeux d’atténuation et d’adaptation au dérèglement climatique
  • La connaissance : La connaissance et la communication au service de la prise de conscience pour éclairer les choix, accompagner les transitions et affronter les ruptures
  • La gouvernance : Les politiques territoriales porteuses des nécessaires solidarités entre les acteurs et les territoires autour de la gestion de l’eau
  • Les milieux aquatiques : La préservation et restauration des fonctionnalités des sols, des milieux aquatiques, des zones humides et du cycle naturel de l’eau l’eau
  • La quantité : La sobriété des usages, au cœur d’une gestion quantitative équilibrée, partagée et durable de l’eau
  • La qualité : Une eau de qualité, pour la santé humaine et la préservation de la biodiversité
  • Le littoral : La préservation des estuaires et de la mer en conciliant les activités terrestres et marines
  • Les inondations : Plan de gestion des risques d’inondation (PGRI)

Comment participer à la consultation ?

 Le but du questionnaire sera de savoir si le public approuve les actions et moyens mis en œuvre pour améliorer l’état des eaux du bassin.

On peut y répondre par internet, via le lien suivant : https://lc.cx/MonAvis-Eau-Inondation

A quoi ça sert ?

Les avis seront étudiés par le Comité de Bassin et l’Etat, qui les prendront en compte dans l’élaboration des propositions qui seront faites.

Plus d’infos : https://sdage-sage.eau-loire-bretagne.fr/home/consultation-eau/consultation—les-enjeux-2028-2033-questions-importantes/consultation-sur-les-enjeux-de-leau-et-les-risques-dinondation.html




A Ploudalmézeau, cette usine utilise de l’eau de pluie grâce à la low-tech

Basée dans le Nord Finistère, à Ploudalmézeau, l’entreprise ETT (Energie Transfert Thermique) fabrique des systèmes de climatisation, chauffage, ventilation et déshumidification. Elle a fait appel à l’atelier Tro Heol, coopérative d’ingénieurs, d’artisans et d’entreprises, spécialisée dans les low-tech, afin de créer un système de récupération et de recyclage d’eau de pluie sur-mesure. L’objectif : ne plus utiliser d’eau potable pour réaliser les tests d’étanchéité des châssis des appareils, et faire des économies d’eau. 

L’entreprise ETT (Energie Transfert Thermique), qui compte 380 salariés, est spécialisée dans la conception, la production, ainsi que les prestations de service, de systèmes de climatisation, ventilation et chauffage. Elle fabrique ainsi des pompes à chaleur à haute performance énergétique et des systèmes de traitement d’air à récupération d’énergie. « Nous équipons les grands magasins, les piscines, les cinémas, les salles de spectacles, les industries… » explique Antoine Guengant, responsable Méthodes au sein de l’entreprise.

Afin de tester l’étanchéité des châssis des appareils qu’elle produit, ETT utilise de l’eau. « On met sur toute la surface un volume de 2 centimètres d’eau » précise Stéphane Anelli, responsable RSE. Mais cette eau, issue du réseau d’eau potable, était ensuite rejetée après chaque utilisation à l’extérieur « sans avoir été souillée ». Une pratique qui, lors de la grande période de sécheresse à l’été 2022 et des restrictions d’eau, a interpellé les salariés. L’entreprise fait alors appel à l’Atelier Tro Heol et à Mewen Michel, son co-fondateur. « Notre coopérative existe depuis deux ans » explique-t-il. « Notre but, c’est de travailler sur la sobriété avec les entreprises : comment économiser de l’eau, de l’énergie, des ressources… ». Le tout grâce à la low-tech.

C’est ainsi que l’Atelier Tro Heol et ETT ont travaillé ensemble sur un système low-tech sur-mesure. De l’eau de pluie est ainsi récupérée dans des cuves mobiles issues du réemploi, directement sous les gouttières. Cette eau est ensuite utilisée dans l’usine pour les tests d’étanchéité des châssis. Puis elle est recyclée, car elle est récupérée par le biais d’un aspirateur-pompe qui permet de la faire retourner dans la cuve mobile. Un système en circuit fermé, fonctionnant depuis l’été 2024 et qui permet « une économie d’eau de l’ordre de 65m3 par an, soit 6 à 8% de la facture d’eau annuelle de l’entreprise ». Plusieurs centaines de litres d’eau potable sont ainsi préservés. « C’est un système très simple, très pratique pour la maintenance », précise Stéphane Anelli, qui souligne également le travail effectué en coopération avec les salariés qui ont été impliqués dans le processus. 

ETT travaille également avec le G4DEC, service d’économie circulaire partagée créé par les communautés de communes du Pays des Abers, du Pays d’Iroise Communauté, de la Communauté Lesneven Côtes des Légendes et la Communauté d’Agglomération du Pays de Landerneau-Daoulas, à destination des collectivités et des entreprises. Un travail a ainsi été mené sur la réduction des déchets avec notamment la fin des bouteilles d’eau, sur la sobriété et les économies d’énergies, sur le bilan carbone des machines, les performances énergétiques. « Plusieurs pistes sont à l’étude » évoque Stéphane Anelli, « comme par exemple la vente de matériel reconditionné, la pose de panneaux solaires sur le toit de l’usine… ». Peut-être de nouvelles occasions de travailler avec l’Atelier Tro Heol et d’utiliser le vaste potentiel des low-tech !

Plus d’infos

Le site de ETT

atelier-troheol.bzh




L’urgence de l’eau en Bretagne en bande dessinée

Éditée chez Locus Solus, la bande-dessinée « L’urgence de l’eau », scénarisée par Christian Baudu, dessinée et colorisée par Julie Wo, est un projet breton qui a pour objectif de sensibiliser à la préservation de la ressource. Pédagogique, mais aussi ludique, elle propose sous la forme d’un « road trip » mené par un écrivain et une journaliste indépendante, de partir à la rencontre de scientifiques, institutions, élu.e.s, millitant.e.s, associations… pour mieux connaître l’eau et mieux comprendre les enjeux qui y sont liés dans la région.

Savez-vous qu’en Bretagne, à l’inverse de la France, 75% de notre eau est captée dans les rivières et nappes de surface ? Lorsqu’une situation de sécheresse survient, comme ce fut le cas à l’été 2022, on peut se retrouver vite avec des problèmes d’approvisionnement en eau. Verra-t-on un jour les robinets se tarir ? Si on ne fait pas attention dès maintenant, on risque bien de voir cette situation se produire. Quel est l’état de la ressource en Bretagne ? Que peut-on faire pour s’adapter à la diminution de la ressource ? Que faire pour la préserver, en quantité et en qualité ? Et la crise de l’eau, c’est pour quand ?

Toutes ces questions, et bien d’autres, sont traitées dans la bande-dessinée « L’urgence de l’eau », scénarisée par Christian Baudu et dessinée et colorisée par Julie Wu, avec la collaboration scientifique de Gérard Gruau, directeur de recherche au CNRS à Rennes, président du Groupement d’Intérêt Scientifique Creseb, et membre du Haut Conseil Breton pour le Climat.

Un projet breton, qui est né au sein de l’association Les Hydrophiles, créée en 2015 à Redon, en Ille-et-Vilaine, dont Christian Baudu est l’un des co-fondateurs. Après avoir réalisé une Fresque de l’Eau, l’idée a été de mettre au point une bande-dessinée, à la fois ludique et pédagogique, toujours sur le thème de l’eau, en Bretagne.

Dans ce « docu-fiction ludique et citoyen », on suit un duo formé par Quentin Tiniak, auteur d’un livre sur l’eau, très techno-solutionniste, et Gwena Talbec, journaliste indépendante. Celle-ci lui propose de partir en « road trip » à la rencontre de scientifiques, d’agriculteurs, d’ élu.e.s, de militant.e.s, d’institutions, d’industriels, de millitants associatifs… pour lui ouvrir les yeux sur les enjeux liés à l’eau en Bretagne, la nécessité de la préservation de la ressource, et les bonnes pratiques à adopter.

Tous deux rencontrent ainsi Jean Jouzel, paléoclimatologue (qui a préfacé l’ouvrage, ndlr), Joël Labbé, ancien sénateur auteur d’une loi sur l’utilisation des produits phytosanitaires, Thierry Burlot Président du Comité de bassin Loire-Bretagne, Kristen Falc’hon, de Splann, qui a enquêté sur la filière porcine bretonne, Véronique Marchesseau, paysanne et Secrétaire de la Confédération Paysanne, les habitants de l’Ooberge, habitat groupé participatif à Dol-De-Bretagne, Edwige Kerboriou, agricultrice et vice-présidente de la Chambre d’Agriculture de Bretagne, commission environnement…

Les rencontres sont nombreuses et variées, et apportent chaque fois des informations éclairantes, avec beaucoup de chiffres notamment, sur la situation de l’eau en Bretagne. Sont évoqués ainsi le grand cycle de l’eau, le petit cycle, la biodiversité, l’utilisation de l’eau dans l’agriculture et l’industrie, la consommation de l’eau au quotidien chez les habitants et des astuces pour la réduire, la pêche, l’artificialisation des sols, le sur-tourisme, le recyclage de l’eau, la réutilisation des eaux usées…sans oublier l’aspect « sacré » de l’eau, très présent dans la culture celte et bretonne, avec les lavoirs et les fontaines…

Le propos est dense mais, guidé par le duo, le lecteur prend plaisir à lire. Et comme Quentin, notre regard change sur cette ressource qu’on pense bien souvent inépuisable, et sur laquelle on se pose encore trop peu de questions. A la fois pédagogique, ludique, riche en informations, mais aussi avec des passages plus oniriques, « L’urgence de l’eau » est à mettre entre toutes les mains, sensibilisées ou non, tant l’enjeu de la préservation de la ressource est aujourd’hui crucial.


Pour aller plus loin : une chaine Youtube a été créé, sur laquelle on peut retrouver les interviews réalisées pour la bande dessinée : https://www.youtube.com/channel/UCueznYvpLsz9b-MBYid82cg

A écouter : une interview de Christian Baudu, réalisée par nos amis de la radio associative Plum’Fm :

https://www.plumfm.net/fr/programs/10811/episodes/65333







En balade au fil du Jarlot

Dans le cadre du Festisol à Morlaix, une balade à la découverte du Jarlot était organisée, proposée par des bénévoles de l’association Eau et Rivières de Bretagne. L’occasion de découvrir sous un jour nouveau cette rivière qui fait partie du quotidien des morlaisien.ne.s. Reportage

Le rendez-vous est donné en haut du Parking du Pouliet, près du centre des impôts, à Morlaix. Après les pluies des jours précédents, le soleil est avec nous pour cette après-midi, sous le signe de l’eau. Accompagnés de Dominique Poupon et Jean-Jacques Lohéac, deux bénévoles de l’association Eau et Rivières de Bretagne, nous allons partir à la découverte du Jarlot, l’une des rivières emblématiques de Morlaix. Longue de 21 kilomètres, elle prend sa source à Plougonven, et rejoint le Queffleuth, pour former le Dossen, alias la Rivière de Morlaix. L’un des affluents du Jarlot est le Tromorgant.

Le petit groupe que nous formons (une dizaine de personnes) commence à cheminer. Direction « la station de pompage de l’eau », annonce Jean-Jacques. L’occasion d’emprunter l’ancienne voie ferré devenue Voie Verte, et de passer aussi devant les Jardins Solidaires, créés par le Comité de Chômeurs de Morlaix. Le Jarlot s’étire sur notre droite, alors que nous longeons les locaux des Chiffonniers de la Joie, par derrière.

Après quelques minutes de marche, nous arrivons auprès de la station. C’est ici que les eaux de la rivière sont pompées pour obtenir de l’eau potable. Eh oui, l’eau du robinet à Morlaix provient du Jarlot ! (Après traitement pour potabilisation bien évidemment) « Ici sont extraits entre 6000 et 8000 mètres cubes par jour », détaillent Dominique et Jean-Jacques. L’eau est ensuite traitée par l’usine du Pillion, à Plourin-Les-Morlaix. Nous nous approchons de la station, en la surplombant depuis une petite passerelle en fer. Cela nous permet aussi de remarquer aussi la présence d’un bief, signe qu’un moulin était présent sur le secteur autrefois.

La station de pompage à gauche au fond.

La première escale est finie. Nous repartons, cette fois vers le parking du Pont Noir, sur la commune de Plougonven. A pied pour les plus motivés, en covoiturage pour les autres. Cette fois, nous allons suivre et remonter la rivière au plus près, à partir du Moulin de l’Ermitage, rejoint après avoir emprunté une portion de la voie verte n°7, ancienne voie de chemin de fer qui reliait Morlaix à Carhaix. Arrivés à l’ancien moulin à papier aujourd’hui détruit, nous filons sur un chemin qui surplombe le Jarlot. Les berges ayant bénéficié d’un débroussaillage par l’AAPPMA (Association de Pêche et de Protection du Milieu Aquatique) de Morlaix, nous pouvons nous aventurer sur celles-ci. Après avoir pris soin de descendre sans glisser malgré le sol boueux, nous voilà sur le bord de l’eau. Le débit du Jarlot semble bon. Le bruit de l’eau tinte à nos oreilles. C’est parti pour une marche de plusieurs kilomètres, au plus près de l’eau.

L’occasion d’admirer quelques plantes aquatiques, mais aussi des peupliers ou encore des plants de grand carex qui peuplent les berges. Pas de poissons à l’horizon, mais nous tombons sur des traces laissées par des sangliers qui ont remués la boue. Un héron se laisse également admirer, volant au-dessus de la forêt. Nous sommes entourés de végétation, au bord de l’eau. L’occasion de prendre un bon bol d’air frais et de profiter de la bienfaisance des arbres, du bruit apaisant de la brise et du Jarlot, qui prend par endroit des allures de rivière sauvage.

Après quelques kilomètres, nous arrivons au terme du parcours, au Moulin Marrant. Il est temps de faire demi-tour et de repartir vers le Pont-Noir, cette fois ci par la Voie Verte, chemin plus facile d’accès. Chacun.e semble ravi.e d’avoir pu participer à la balade qui nous a permis de découvrir le Jarlot sous un jour nouveau, grâce notamment au travail fourni par les bénévoles des associations locales.